Les hedge funds

Introduction générale

Les hedge funds sont aujourd'hui l'un des sujets les plus en vogue dans les milieux financiers, voire dans tout ce qui touche à l'économie en général. Ces fonds, mystérieux aux yeux du public, des politiques, et de beaucoup d'investisseurs, sont souvent décrits, sans que les accusations dont ils sont la cible soient vérifiées. Ce phénomène traduit une réelle incompréhension du mode de fonctionnement des hedge funds et de leur impact réel sur l'économie.

Depuis près de vingt ans, les questions liées au fonctionnement des hedge-funds et à leurs impacts sur les marchés et plus généralement sur les systèmes financiers constituent peu à peu

un champ d'étude à part entière, riche d'une abondante littérature.

Le terme anglais hedge funds signifie fonds de couverture. Ces derniers sont apparus le 1er janvier 1949 lorsqu'un certain Alfred W.Jones ouvrit un fond en action structuré comme une société privée.

Son objectif était d'apporter une souplesse et une marge de manœuvre maximale dans la constitution d'un portefeuille. Pour accroître la rentabilité tout en réduisant les risques d'exposition sur le marché, M. Jones prit des positions à la fois d'acheteur et de vendeur, et eut recours à l'effet de levier pour augmenter les performances des titres.

Il est difficile de définir ce qu'est un hedge fund dans la mesure où il n'y a pas de réelle définition, c'est pour cela qu'on est revenue à la définition générale de Daniel Capocci:

«Un Hedge fund est une association privée d'investissement utilisant un large éventail d'instruments financiers comme la vente à découvert d'actions, les produits dérivés, le levier d'endettement, l'arbitrage, et ceci sur différents marchés. Généralement, les gérants de ces fonds y investissent une partie de leurs ressources et sont rémunérés suivant leur performance. Ces fonds exigent souvent des investissements minimums élevés et leur accès est limité. Ils s'adressent particulièrement à une clientèle fortunée, qu'elle soit privée ou institutionnelle ».

Il existe une différence entre les hedge funds et les mutual funds; ces derniers n'ont pas les mêmes caractéristiques que celles des fonds de couvertures. Les deux différences les plus notables concernent la gestion du risque et celle du rendement.

En effet, les hedge funds sont beaucoup plus risqués que les mutual funds, mais ce risque est bien rémunéré selon la performance de ces fonds; les hedge funds sont caractérisés par leurs faibles réglementation et transparence ce qui les rends uniques et particuliers dans leur genre.

Le secteur des hedge funds croît rapidement depuis quelques années. Selon les estimations de

Hedge Fund Research (HFR), de 610 fonds gérant 39 milliards de dollars d'actifs en 1990, ils étaient passés à 3 873 fonds et 490 milliards de dollars gérés dix ans plus tard. À la fin du troisième trimestre 2006, 9 228 fonds géraient quelques 1 400 milliards de dollars, soit une croissance annualisée de leurs actifs de 19 % depuis 2000. Sur ce total, plus de 1 000 milliards sont aux mains de fonds américains, 325 milliards sont gérés en Europe et 115 milliards en Asie (Ferguson et Laster, 2007).

D'après ces résultats impressionnants on ne peut retirer qu'une simple conclusion est c'est que les hedge funds jouent un rôle volumineux dans la croissance économique, et leurs rentabilités permettent de les classer comme un facteur stabilisant de système financier.

Mais qu'est ce qu'on entend par la stabilité financière? Mishkin définie cette dernière comme “… the prevalence of a financial system, which is able to ensure in a lasting way, and

without major disruptions, an efficient allocation of savings to investment opportunities.”

C'est à dire que la prévalence d'un système financier, qui est en mesure d'assurer de manière durable, et sans perturbations majeures, une allocation efficace de l'épargne à des opportunités d'investissement.

En effet, cette contribution est mesurées par l'injection de liquidité en volumes importants, la découverte de prix et la dispersion de risque ce qui renforcent l'efficience des marchés financiers et d'ici on parle des hedge funds en tant que stabilisateurs de système financier.

D'autres part, on continue à voir des revues qui accusent les hedge funds d'être des propagateurs de crise et de risque d'instabilité financière, le moins que l'on puisse direc'est que c'est un sujet qui prêt à controverse. Surtout après les deux dernières crises, celles des LTCM et l'immobilière, les hedge funds ont été les premiers à blâmer et ceci vue qu'ils sont toujours jugés comme des fonds d'investissements très sophistiqués et très spéculatifs ce qui signifie qu'ils sont attachés au risque d'illiquidité et par suite au risque systémique, ce trait d'union fait des hedge funds des facteurs déstabilisateurs des marchés financiers.

À cet égard on développera dans ce qui suit la problématique suivante:

Quel est l'impact des hedge funds sur les marchés financiers.

La réponse de cette question sera prise en deux parties:

En premier chapitre, on développera les apports des hedge funds permettant de les considérer comme des instruments d'efficience de marchés.

En deuxième chapitre, on analysera l'antithèse, celle du rôle des fonds de couverture en tant que déstabilisateurs du système financier.

I- Hedge funds stabilisateur de marché:

Depuis les années 90, les Hedge funds ont connu une grande attention de la part des banquiers centraux et les autorités de surveillance grâce à leur rôle important dans le fonctionnement du marché financier et ceci est dû à la croissance des actifs gérés par ces fonds ainsi que la diversité de leurs stratégies.

«Le secteur des hedge funds s'est fortement développé et les hedge funds sont devenus une source de plus en plus importante de diversification pour les investisseurs et de liquidité pour les marchés. L'institutionnalisation croissante de la clientèle et la sophistication de la gestion et des contrôles du risque au sein des plus grands hedge funds ont, à maints égards, contribué à faire de ces derniers des acteurs importants sur les marchés financiers». (Draghi 2007, p.44)

Une adaptation entre le marché financier et les hedge funds est faite.En effet, il faut faire reconnaissance du bénits formés par les hedge funds sur l'efficacité du marché financier (Noyer 2007)

Le caractère atypique des hedge funds a suscité beaucoup d'interrogations quant aux

conséquences de leur activité sur les marchés financiers. Les rôles positifs qu'on leur attribut sont relativement bien identifiés. Ainsi il est admis qu'ils participent, par la découverte de bons prix d'équilibre, à une plus grande efficience des marchés, qu'ils contribuent de manière importante à fournir de la liquidité, et qu'enfin ils ont permis de développer les dérivés de crédit permettant un meilleur partage du risque. (Meier et Nagel 2004).

Mais les hedge funds varient fortement par leur taille et leurs stratégies. Toute généralisation les concernant paraît donc difficile. Les nombreuses améliorations des pratiques de marché et de supervision ont permis de dissiper les inquiétudes quant à la stabilité, mais la complexité croissante des produits et des marchés crée de nouveaux défis (Draghi 2007).

Donc, malgré qu'ils sont considérés comme les fonds les plus risquéset sont aussi considérés comme une innovation sur le marché; les hedge funds ont permit d'assurer la stabilité du marché financier.

Dans ce chapitre nous allons traiter les hedge funds comme stabilisateur du marché financier en présentant leurs apports qui ont permit cette stabilité.

1- Hedge Funds: Fournisseurs de liquidité:

La liquidité est plus facile de reconnaître que de définir. Au fond, la liquidité est la facilité avec laquelle la valeur peut être réalisée sur les actifs. Cette valeur peut être atteinte soit par la vente de certains actifs sur le marché, ou en utilisant sa solvabilité pour obtenir un financement externe.

On distingue deux concepts de liquidité:

Le premier concept, la «liquidité de financement» qui est la capacité des institutions financière pour effectuer leurs fonctions d'intermédiation. Typiquement, une institution financière est un fournisseur de liquidités, l'émission de liquide passif en vue de détenir des actifs moins liquides, en utilisant son capital pour couvrir le risque de liquidité et de faire un tour sur la fourniture de services de liquidité qui est la justification coût du capital engagé.

Le deuxième concept, «la liquidité du marché», se réfère à la capacité de réaliser des transactions de manière à ajuster les portefeuilles et le risque de profils sans déranger le prix sous-jacent.

Les dimensions des liquidités du marché sont:

• marché de la «profondeur», ou la capacité d'exécuter de grandes transactions sans influencer les prix.
• «Rigueur», ou l'écart entre cours acheteur et vendeur.
• «Immédiateté» ou de la rapidité avec laquelle les transactions peut être exécuté.
• «Résilience», ou la rapidité avec laquelle les prix sous-jacente sont restaurés après une perturbation (Crockett 2008).

Les hedge funds sont considérés comme stabilisateur de marché car ils améliorent le fonctionnement du marché en fournissant des liquidités.

Les hedge funds ont un rôle actif dans la liquidité sur les marchés. Dans un premier temps il faut s'entendre sur la définition de ce qu'on appelle liquidité qui est étroitement lié au contexte. Ici il est question de liquidité de produits financiers ou du marché dans son ensemble et non de la liquidité des agents. On ne parle évidemment pas de liquidité au sens bancaire par exemple, le refinancement des agents en manque de cash ne fait pas partie de l'activité des hedge funds même s'il leur arrive certainement de rendre service à l'occasion.

Un actif liquide est un produit financier qui peut être transformé en monnaie avec un minimum de perte de valeur. Généralement, on y associe également des temps de transaction extrêmement courts. Un marché est dit liquide lorsqu'il est capable d'accueillir un volume de transaction élevé sans distorsion de prix. En effet, lorsqu'un marché connaît un choc de liquidité, le prix des actifs tend à dévier de sa valeur fondamentale car les agents doivent supporter un risque d'illiquidité qui vient de s'ajouter au risque intrinsèque du titre.

Le rôle positif suppose des fonds d'investissement du point de vue de la liquidité est parfaitement intuitif, et est d'ailleurs fréquemment mis en avant par les plus fervents défenseurs d'absence de régulation. Le fait même d'adopter en majorité des positions courtes sur des actifs risqués constitue en soit un argument. En effet, les hedge funds ne sont pas réputés pour immobiliser du capital sur des postions longues, ce qui pourrait nuire à la fluidité du marché. De plus, ceux-ci pratiquent une gestion de portefeuille particulièrement active couplée à des effets de levier importants. Cependant au regard de la part du volume de transaction que représentent les hedge funds à l'heure l'actuelle (King et Maier 2007), on peut légitimement douter du caractère indiscutable de cet apport.

L'aspect positif de leur action en matière de liquidité est très certainement limité à certains segments du marché où l'on trouve un nombre très limité d'agents. Le meilleur exemple étant le marché des obligations convertibles qui fait preuve d'une sous-évaluation structurelle et qui sans les hedge funds ferait l'objet de crises de liquidité chroniques (Agrawal, Fung et Naik 2007).

On estime que seuls de tels investisseurs sophistiqués sont capables d'intervenir ce type de marché compte tenu de la complexité des produits qui y sont négociés, notamment du point de vue des techniques de couverture qu'il faut mettre en place. La possession d'un convertible nécessite en effet de se couvrir non seulement du risque de taux et de contrepartie mais aussi du risque lié aux évolutions de prix du sous-jacent. Toutefois, il faut garder à l'esprit ce que représentent les hedge funds sur ce marché, soit 89% du volume de transaction. Au regard de ce seul chiffre, il semble évident qu'ils jouent un rôle dans la liquidité des obligations convertibles puisqu'ils font l'essentiel du marché.

L'argument, peu justifié dans la littérature, parait donc un peu faible et nécessiterait d'être plus abondamment étayé en analysant leur rôle sur d'autres marchés.

Ces fonds sont aussi actifs sur les nouveaux marchés en développement créant une liquidité suffisante pour permettre aux gestionnaires traditionnels de les suivre. (Dubois et Mustier, 2007)

«Quand les liquidités deviennent rares et les autres participants du marché évitent le commerce sur un titre particulier, les hedge funds se mêlent souvent à une négociation qui contribue à la liquidité du marché, ce qui entraîne une réduction des primes de risque associé à des actifs financiers. Cette fin de compte signifie un plus faible coût du capital» (Ferguson et Laster 2007, p48).

Lorsque le prix du marché de la monnaie s'écarte fortement de sa valeur fondamentale, les hedge funds cherchent des occasions d'arbitrage de la différence, favorisant ainsi le retour des prix des actifs à leurs valeurs fondamentales. Les hedge funds sont particulièrement
en mesure d'agir de cette façon parce que leurs investisseurs sont généralement soumis à des "lock-up", qui en a besoin de maintenir leurs investissements avec le fonds pour un ensemble de périodes. Les hedge funds ont des lignes de crédit bancaire utilisables lors d'une opportunité d'investissement (Ferguson et Laster 2007).

2- Hedge Funds: La découverte de bons prix d'équilibre et une plus grande efficience des marchés:

Malgré les inquiétudes exprimées à propos de l'influence des hedge funds sur la stabilité du marché, il est important de reconnaître l'incidence bénéfique potentielle de ces supports sur les marchés sur lesquels ils opèrent. En principe, l'introduction d'un nouveau groupe d'acteurs sur un marché financier doit accentuer la profondeur, la largeur et la liquidité de ce dernier. Les hedge funds sont des investisseurs sophistiqués, souvent à même d'adopter une perspective à assez long terme. La nature de leur clientèle leur permet de prendre temporairement des positions contraires à la perception générale du marché, lorsque des évolutions affectent cette dernière. Leur présence peut par conséquent faciliter la prise en compte d'informations nouvelles dans les prix et stabiliser les prix du marché lors de chocs transitoires.

Sur un marché efficient, les prix d'actifs représentent la juste valorisation d'un titre, c'est-à-dire sa capacité à générer des flux de richesse dans le temps. On associe généralement les déséquilibres de prix à des erreurs d'anticipation des agents quand aux fondamentaux du titre concerné. Ces erreurs naissent des asymétries d'informations qui conduisent les agents à adopter des comportements irrationnels tels que le mimétisme. Les mauvaises valorisations de titres trompent les investisseurs conduisant à une mauvaise allocation des ressources, qui affecte potentiellement la croissance de long terme.

La présence d'investisseurs fondamentalistes pratiquant l'arbitrage s'avère donc nécessaire au bon fonctionnement des marchés. Ceux-ci fondent leurs prises de position sur une analyse fine des fondamentaux d'un titre ou d'un marché et sont donc capables d'identifier des déséquilibres de prix. Leur stratégie d'arbitrage, qui consiste à adopter des positions vendeuses sur des titres surévalués et inversement, contribue à la découverte des justes prix. On estime donc que les hedge funds, en tant qu'investisseurs sophistiqués profitant des opportunités d'arbitrage, contribuent à l'efficience des marchés.

Les hedge funds jouent un rôle essentiel dans le processus de découverte du prix sur de nombreux marchés. Certains jours de négociation en 2005, les hedge funds représentaient selon certaines estimations environ la moitié du volume échangé sur la Bourse de New York et la Bourse de Londres. En outre, le secteur des hedge funds a acquis d'importantes parts de marché des volumes de transaction d'instruments obligataires et de produits dérivés.

En raison de leur souplesse et de leur rapidité de réaction, il est probable que les hedge funds jouent parfois un rôle d'indicateur supplémentaire pour d'autres intervenants de marché, ce qui pourrait favoriser les comportements grégaires (Weber 2007).

Étant donné que les hedge funds ne sont pas limités dans leur choix d'instruments (la vente à découvert, par exemple), ils peuvent contribuer au processus de découverte des prix en utilisant toute une gamme de techniques pour étayer leur jugement. Grâce à leur agilité à ajuster leur exposition, toutes les informations pertinentes sont intégralement et rapidement reflétées dans les prix du marché. De manière générale, on peut considérer que les hedge funds contribuent à la complétude des marchés.

En outre, il se pourrait que plus les hedge funds parviennent à corriger les anomalies de prix, moins ils laissent d'opportunités d'arbitrage lucratif. Les gérants de hedge funds efficaces savent détecter les anomalies et en tirent parti pour leur propre compte.

D'autres s'aperçoivent de la tactique et font de même, ce qui finit (parfois assez rapidement) par corriger ces anomalies. Ainsi, la stratégie, autrefois très rentable, qui consistait à exploiter les incohérences de cours entre actions privilégiées et actions ordinaires est à l'origine de l'essor, puis de l'effondrement, d'un grand nombre de fonds spécifiquement instaurés pour suivre cette stratégie (Crockett 2008).

Donc grâce à leurs flexibles approches d'investissement dans les marchés financiers et de leurs utilisations extensives des instruments novateurs financiers, les hedge funds ont contribué à la découverte de l'amélioration des prix dans marchés financiers. La découverte des prix rend le marché financier plus efficace à répartir le capital.

3- Hedge Funds: Dispersion et transfert des risques:

Preuve de leur rôle crucial, les principaux intermédiaires traditionnels du secteur financier (grandes banques commerciales et banques d'investissement) tirent une part croissante de leurs bénéfices des services qu'ils offrent aux hedge funds. Le modèle de gestion de ces intermédiaires, sur la base duquel ils mutualisent et transfèrent de plus en plus les risques vers d'autres intervenants, n'aurait pas connu de développement aussi rapide si les hedge funds n'avaient pas joué un rôle actif de preneurs et négociateurs de risque (Draghi 2007).

Certains hedge funds ont adopté des pratiques efficaces de gestion du risque, de contrôle interne, de publication/transparence et de documentation et ont encouragé le dialogue informel avec les autorités de marché. Ces actions sont encourageantes. Il est essentiel que ces pratiques se développent au sein de la communauté des hedge funds (Draghi 2007).

Les hedge funds ont certainement joué un grand rôle dans le développement des dérivés de crédits permettant un meilleur partage du risque. La titrisation des créances donne la possibilité aux banques de sortir des bilans une partie des créances douteuses de nature à augmenter le risque de leur portefeuille. Cette technique a pour principal avantage de contenir la croissance des provisions en fonds propres qu'elles doivent réaliser (Ferguson et Laster 2007).

Ces provisions réglementées ont pour objet de garantir la solvabilité des banques en cas de défaut de paiement des emprunteurs et d'éviter les faillites bancaires et les crises systémiques qui peuvent en résulter. Les titres sur créances permettent donc de transférer le risque de contrepartie associé à ces crédits très risqués vers les marchés financiers. Les fonds spéculatifs, étant par essence preneurs de risques, se sont rapidement engouffrés dans ce marché garantissant de fortes rentabilités. Du point de vue du marché du financement dans sa globalité, c'est-à-dire banques et marchés financiers, ces produits ont permis un meilleur partage des risques entre agents, ce qui est un des attributs fondamentaux des marchés financiers (Ferguson et Laster 2007).

Lorsque les institutions qui facilitent le partage du risque, telles que les marchés d'actions, des dérivés et de l'assurance, fonctionnent correctement, elles permettent de transférer les risques aux parties les plus disposées et les mieux armées pour les supporter, ce qui peut favoriser l'efficience d'une économie.

Les risques permettent d'être déplacé vers les parties les plus et les mieux équipés pour les assumer. Cela aide l'économie à fonctionner plus efficacement. Les hedge funds sont devenus une source importante de capital-risque. À plus grande échelle, les hedge funds absorbent les risques de crédit d'autres institutions financières (Ferguson 2007).

Les hedge funds constituent désormais une source importante de capital risque. Sur le marché naissant de la titrisation assurantielle (insurance linked securities) intégrant notamment les obligations catastrophe ou les obligations vie, les hedge funds sont devenus des investisseurs de plus en plus actifs (Ferguson et Laster2007).

Certains ont pour vocation exclusive d'investir dans le risque assurantiel. Au fil du temps, les assureurs feront de plus en plus appel aux hedge funds, qui complètent la réassurance dans des domaines tels que les risques aigus de catastrophe, pour lesquels les assureurs ne disposent pas de suffisamment de financement. À plus grande échelle, les hedge funds absorbent les risques de crédit des autres institutions financières, dont les banques, ce qui répartit ces expositions sur un plus large éventail d'investisseurs, détenant des portefeuilles diversifiés (Ferguson et Laster2007).

La croissance des actifs gérés par les hedge funds et la diversité accrue de leurs stratégies traduisent l'importance des hedge funds sur un nombre important de marchés financiers. Il est particulièrement intéressant de noter le rôle de fournisseur de liquidité et de preneur de risque joué par les hedge funds sur les marchés dynamiques de transfert du risque de crédit, qui sont notamment constitués des dérivés de crédit, des prêts bancaires sur le marché secondaire et des opérations de titrisation, à l'image des titres adossés à des créances immobilières et d'autres produits structurés.

Indicateur du rôle croissant joué par les hedge funds sur les marchés de transfert du risque de crédit, le pourcentage des encours des hedge funds classés dans les stratégies qui investissent généralement dans des titres indexés sur un risque de crédit est passé de 6 % en 1990 à 16 % en 2006. Les hedge funds investissent aujourd'hui dans des actifs autrefois essentiellement détenus par les banques dans le cadre de leur activité de prêt (Cole, Feldberg et Lynch 2007).

Le partage des risques que les hedge funds peuvent améliorer la stabilité du marché. En supposant une certaine du volume croissant de crédit et de catastrophe risques sur le marché aux côtés des banques et les assureurs, les hedge funds se joindre à d'autres institutions agissant comme amortisseurs, ce qui pourrait limiter la propagation des dommages causés par les récessions crises de crédit, et les catastrophes naturelles. Les hedge funds peuvent contribuer à améliorer la stabilité du marché à l'époque tumultueuse par d'autres moyens également. (Ferguson 2007).

Non seulement les fonds de couverture présentent un important bénéfice pour l'économie en général, mais leurs risques sont gérables.

II - les thèses déstabilisatrices:

On a vu dans le chapitre précédent comment les hedge funds servent avant tout à générer des flux de richesse dans le temps et de contribuer substantiellement à l'efficience des marchés financiers, mais ils peuvent toutefois constituer des armes de guerre économique.

Ces fonds sont des opérateurs financiers utilisant des stratégies peu communes pouvant avoir des conséquences déstabilisatrices tant pour certains marchés ciblés que pour des entreprises.

Les hedge funds sont très compétitifs, ont amplement et systématiquement accès à des capitaux, alors ils procèdent aux arbitrages ; donc la concurrence qu'ils se livrent assure qu'ils exploitent les anomalies financière jusqu'à les éliminer comme ils peuvent être également à l'origine de ces anomalies en jouant un rôle dans la contagion par les techniques de couverture dynamiques et risquées.

Il n'est pas facile d'analyser les risques présents dans le cas d'investissement dans des hedge funds, car suivant la stratégie considérée, les risques peuvent être totalement différents. Des risques importants pour certaine stratégies seront totalement couverts dans d'autres et inversement.

Dans ce chapitre, nous analysons les principaux risques générés par les hedge funds. Nous rapportons principalement des risques auxquels les investissements sont exposés, soit directement, soit par l'intermédiaire du fonds, comme nous allons montrer le rôle des hedge funds dans la propagation de la crise des LTCM et la crise financière internationale et clarifier les répercussions des stratégies choisies sur la stabilité financière.

1- Hedge Funds: Générateurs de risques:

L'opacité qui règne autour des hedge funds, le quasi absence de réglementation, et leur utilisation excessive des effets de levier ont généré de grandes inquiétudes, et une importante littérature. Celle-ci cherche à comprendre quels peuvent être les risques liés à leur action du point de vue de la stabilité financière.

On trouve principalement quatre grands champs d'investigation. Premièrement, la manière dont ils peuvent être à l'origine de risque systémique en raison de leurs interactions avec les grandes institutions financières telles que les banques commerciales et d'investissement, on soupçonne de leur part une capacité à perturber les marchés financiers sur plusieurs thématiques par leur risque de liquidité, de contrepartie et finalement leur risque de gérant.

1-1 Risque systémique:

C'est vrai que les hedge funds jouent un rôle important dans le renforcement de l'efficience et de la complétude des marchés financiers, ils sont des acteurs importants, souvent dominants, dans plusieurs des principaux compartiments des marchés. Ils représentent 40% du volume de transaction des principales places boursières. Ce sont les principaux opérateurs sur les marchés de crédit: ils représentent 27 % des investisseurs en obligations à rendements élevé selon TBMA (The Bond Market Association). Plus que d'autres investisseurs, les hedge funds poursuivent des stratégies globales, couvrant plusieurs marchés, et peuvent renforcer les interconnexions entre les marchés de différents pays et différentes catégories d'actifs.

Mais dans certains cas, l'activité des hedge funds peut conduire à des marchés à sens unique et à une plus grande volatilité sur des compartiments de marché moins liquides, ce qui signifie que toute mauvaise prévision sera répercutée par des pertes financières importantes, même beaucoup plus importantes que les fonds propres des fonds investis, et ici on parle de déséquilibre de marchés financiers.

Puisque les hedge funds contribuent fortement à la liquidité de certains marchés, cette liquidité peut s'assécher très rapidement s'ils décident de se retirer et de clore leurs positions simultanément. De plus, étant donné qu'ils disposent généralement d'un effet de levier très élevé, ils peuvent se révéler particulièrement vulnérables à une baisse soudaine de la liquidité de marché.

Vu leurs forts engagements aux banques d'investissement, les hedge funds sont désignés comme étant des facteurs qui dynamisent au risque systématique.

Le risque systémique peut être définie par le risque d'une défaillance à grande échelle dans le système financier, souvent conçue comme une série de défaillances corrélées entre les institutions financières, généralement des banques, qui se produit sur une courte période de temps et généralement causé par un seul grandévénement (Potter Stewart 2008).

Une partie de ce risque vient de l'utilisation importante de leviers d'endettement énorme, une autre de l'acquisition d'actifs illiquides (Chan et al 2005); En effet Les hedge funds ayant la possibilité d'utiliser l'effet de levier, ce qu'ils font d'ailleurs de manière intensive, pour gérer leur risque et de dégager des bénéfices sur les marchés financiers.

La forme d'effet de levier la plus simple est celle pratiquée par les intermédiaires financiers (généralement des banques d'investissement actives à l'international), elle consiste à accorder des lignes de crédit aux hedge funds afin qu'ils puissent investir au-delà de leur assise de fonds propres (Geithner 2006). Il y aune forme plus complexe utilisée par les hedge funds c'est celle des instruments de levier, qui passe par l'utilisation d'une large palette d'instruments financiers complexes. Il arrive que ces instruments offrent un effet de levier significatif (la Banque des règlements internationaux).

Le simple fait que les hedge funds aient recours à l'effet de levier n'implique pas qu'ils vont risquer la stabilité financière. En effet, s'il est correctement employé, l'effet de levier peut s'avérer être un outil de gestion du risque très efficace. Ce qui importe, en réalité, c'est l'ampleur de son incidence sur la VaR (value at risk) totale d'une exposition de marché donnée.

La relation entre les hedge funds et la stabilité du système financier s'explique par la possibilité que des pertes importantes enregistrées par un ou plusieurs hedge funds peuvent avoir un effet de contagion sur une ou plusieurs grandes banques internationales. Dans des cas extrêmes, cette dynamique peut suffire à menacer la solvabilité d'une ou de plusieurs grandes banques et par conséquent nuire à la stabilité financière. Cette perturbation peut être aggravée si les courtiers qui procèdent aux appels de marge utilisent à leur profit les informations fournies par les hedge funds.

Le principal canal de transmission du risque systémique est l'exposition au risque de contrepartie. Les prime broker dealers (généralement des grandes banques internationales) procurent aux hedge funds un effet de levier et leur consentent des lignes de crédits. Du fait de leurs exigences de marge et de leur gestion du risque de garantie, ils déterminent également le montant des instruments de levier utilisés par des fonds. Les effets négatifs sur les prix du marché et la liquidité constituent un canal de transmission associé au précédent.

Dans les périodes de tension sur les marchés, leprime brokeroffre des services de prêtset empruntsde titres et des services de financementadaptés aux opérations par effets delevierdeshedge funds. Les dealers exigeront probablement des garanties supplémentaires ou obligeront les hedge funds à liquider leurs positions afin d'enrayer la dégradation de leur propre profil de risque. Un tel processus peut renforcer la volatilité du marché et précipiter la baisse des cours.

En cas de scénarios extrêmes ou de « pertes extrêmes » une telle dynamique peut provoquer une diminution rapide de la liquidité de marché. Selon Geithner « L'intérêt qu'ont les sociétés (c'est-à-dire les prime brokers) à réduire au minimum leur propre exposition peut amplifier la crise initiale et imposer aux autres opérateurs l'externalité négative d'une perturbation plus large de la liquidité de marché ». D'ailleurs Le rapport du CRMPG II précise également que la délimitation entre le risque de crédit et le risque de marché tend à devenir floue lorsque la diminution de la solvabilité et l'effondrement des cours s'autoalimentent, soulignant que « la liquidation des positions, si elle est parfaitement raisonnable au niveau microéconomique, renforce les pressions macroéconomiques sur les cours boursiers, qui provoquent à leur tour l'assèchement de la liquidité de marché d'une ou plusieurs classes d'actifs » (Hildebrand 2007, p7).

Parmi les raisons qui font des hedge funds des générateurs de risques, c'est que certains hedge funds sont de courte durée. Leur taux de mortalité historique s'établit à environ 10 % par an (Chan et al 2007). Cet horizon temporel rapproché peut les inciter à prendre davantage des risques, puisque leurs stratégies sont axées sur les gains à court terme.

Donc si on veut résumer les sources d'inquiétude en matière de risque systémique, on site trois mécanismes stimulateurs de risque:

-un accroissement du risque de contrepartie, la défaillance d'une entité pouvant compromettre la viabilité de ses contreparties, déclenchant ainsi une réaction en chaîne.

-une réduction de la liquidité du marché découlant du fait que pour se prémunir contre une défaillance, une institution financière peut se mettre à vendre ses actifs et à liquider ses positions, une telle action étant susceptible de créer des brutales corrections de prix; si d'autres institutions comptabilisent leurs actifs en valeur de marché, elles procéderont à leur tour à des liquidations, aggravant ainsi les conséquences du choc initial.

-une contagion puredéclenchée, par exemple, par une réévaluation générale des risques au sein d'une catégorie d'actifs spécifique ou d'un large éventail d'actifs.

1-2 Risque de liquidité:

En plus du risque systémique, les autorités de supervision s'inquiètent des risques indirects liés à l'assèchement de la liquidité sur un compartiment de marché résultant de la faillite ou une réduction au niveau de l'activité d'un ou plusieurs grands hedge funds.

Sur de nombreux marchés, les hedge funds sont d'importants fournisseurs de liquidité et contribuent généralement à disperser le risque; mais une inquiétude tient du fait que, sur des marchés illiquides, les hedge funds peuvent être forcés de céder des positions pour satisfaire aux exigences d'appel de marge, ce qui exerce une pression à la baisse sur les cours.

Dans des cas extrêmes, le hedge fund peut faire baisser la valeur de positions existantes d'un montant supérieur au produit de la vente initiale, ce qui provoque des ventes supplémentaires.

Ces trous noirs de liquidité ont plusieurs causes et ils ont suscité un intérêt important de la part des universitaires (Persaud 2003).

Lorsque les contreparties ont des positions concentrées, les pertes enregistrées par ces positions sont très importantes. Par ailleurs, la taille et la position importante des hedge funds sur certains marchés font courir le risque de ventes désordonnées. Et c'est pour cela que les autorités de supervision se focalisent sur la capacité des banques à identifier et réduire les risques liés à une diminution brutale de la liquidité de marché. Les banques et les autres intervenants de marché doivent donc approfondir leur connaissance de leur propre sensibilité aux chocs, comme ils doivent être toujours préparés aux différents scénarios qui peuvent avoir lieu, notamment au niveau des scénarios qui peuvent générer des pertes à la fois pour leurs contreparties et pour leurs propres positions.

Les banques doivent être en mesure de consolider et appliquer des exercices de simulation de crise par facteurs clés de risque à l'ensemble de leurs expositions directes de portefeuille et au niveau du risque de contrepartie. Elles doivent également apprendre à mieux connaître les contrôles et pratiques qu'utilisent d'autres sociétés à effet de levier pour gérer le risque de liquidité de marché et le risque de liquidité de financement.

Un portefeuille de hedge funds est caractérisé par sa diversification ce qui permet de dégager des rendements intéressants, avec un risque inférieur à celui induit par un portefeuille ordinaire.

1-3 Risque de contrepartie:

On l'appelle aussi le risque de crédit de contrepartie, c'est le risque le plus important pour les institutions financières dans le cadre de leur relation avec les hedge funds. De nombreux hedge funds investissent dans des titres peu liquides, dans des produits structurés ou dans des dérivés complexes ce qui fait que leur calcul de risque est complexe du fait de sa nature bilatérale ; en d'autres termes, l'exposition nette entre deux institutions peut évoluer en fonction des fluctuations des cours.

Dans le cas de certains instruments, une des parties peut devenir un débiteur net. Une mesure simple mais essentielle du risque de contrepartie est l'exposition actuelle, à savoir l'exposition nette aux valeurs actuelles de marché. Cet indicateur fournit le montant que perdrait la banque si un hedge fund devait faire faillite aujourd'hui. Une mesure plus complète est l'exposition potentielle future, qui correspond au degré maximal de l'exposition sur une période future avec un niveau de confiance statistique élevé, si le hedge fund pâtit de l'évolution des marchés. En outre, les banques stressent les expositions potentielles afin d'estimer leur augmentation éventuelle dans des contextes de marché défavorables.

1-4 risque de gérant et d'industrie:

Pour une meilleure gestion de risque et de portefeuille, il est important que les gérants de fonds soient des personnes intègres. Il est indispensable qu'ils aient la volonté d'admettre leurs erreurs et de les expliquer aux investisseurs, afin que ces derniers puissent décider de rester dans le fonds ou d'en sortir, si la stratégie d'investissement mise en place ne leur convient plus. Finalement, il faut veiller à ce que l'objectif final des gérants soit de prendre leurs décisions d'investissement dans l'intérêt des investisseurs actuels. Ceci inclut le fait qu'ils limitent le montant des actifs sous gestion à un palier défini au départ, ou encore qu'ils ne gèrent pas différents fonds qui pourraient se faire concurrence et dans lesquels leurs inversement personnel n'est pas identique.

Ce risque est particulièrement important dans le cas des hedge funds, car l'argent investi est généralement bloqué pour plusieurs mois ou plusieurs années. En outre, de nombreux fonds sont domiciliés dans des paradis fiscaux qui protègent peu les investisseurs.

IL est très dangereux d'investir dans un fonds domicilié dans un paradis fiscal uniquement sur la base d'ouï-dire ou sur la base d'un prospectus d'émission. Il est important de connaître l'associé principal afin de s'assurer de son intégrité.

Le risque d'industrie vient du fait qu'aujourd'hui un nombre sans cesse croissant d'investissements potentiels considère un investissement dans des hedge funds. Cette demande et le système de commission à la performance entraînent une hausse du nombre de fonds vendus. Ceci signifie qu'un plus grand nombre de gérants, disposant d'actifs plus importants, sont présents sur les marchés alternatifs. Il est, par conséquent, peu probable que les gérants de hedge funds moyens parviennent à fournir des rendements aussi impressionnants que ceux obtenus par le passé car de nombreuses inefficiences tendent à disparaître. Le meilleur exemple de ce phénomène est le marché des obligations convertibles. Les hedge funds représentent aujourd'hui près de 70% de ce marché.

2 - Hedge Funds: Déstabilisateurs des marchés financiers:

Les hedge funds ont une forte participation sur les marchés financiers donc en cas de rafraichissement les hedge funds vont contribuer positivement à l'efficience et à la liquidité des marchés financiers et dans le cas contraire c'est-à-dire dans le cas de leurs faillite, cela va engendrer une récession de marchés financiers et une déstabilisation financière.

2-1 Crise des LTCM:

LTCM c'est l'abréviation de Long Term Capital Management, qui est un type de hedge funds qui apparu en 1994 et fondé par John Meriwether. Ce fonds se basait essentiellement sur l'usage massif de l'effet de levier et l'application des formules mathématiques permettant aux gestionnaires du fonds de calculer 1a probabilité de succès de leurs prévisions, LTCM affirme que ses outils mathématiques les rendentquatre fois moins risqué que ses concurrents.

Les LTCM devenaient en quelques mois une machine spéculative incontrôlable.

Les investisseurs encouragés par le gain aisé et important des LTCM, ils prenaient des positions démesurées (En 1998 les positions de LTCM représentent plus de 100 milliards de dollars de nominal sur les seuls marchés obligataires). Mais avec la crise des pays émergents qui conduit à la défaillance de la Russie 1998, les investisseurs cherchant des titres plus sûrs, ils se tournent vers les emprunts américains, et abandonnent les titres les plus risqués, dont les cours chutent. Ceci intervient à un moment où LTCM a vendu à découvert ses emprunts américains, qui continuaient à augmenter, et acheté des titres risqués dont le cours s'écroulaient. Le fonds est alors amené à verser chaque dollar perdu dans cette course contre le courant.

Les pertes s'annoncent vertigineuses. Un violent renversement de tendances affecte le marché et les fonds spéculatifs peuvent aussi enregistrer des pertes absolument considérables, très largement supérieures à leurs fonds propres (Cartapanis 2008).

Donc on peut dire que la crise des LTCM était le résultat d'une mauvaise évaluation de risque de ces fonds et les opérations multiples et analogues d'effet de levier surtout en vente à découvert et dépôts de marges. Ce risque se transmettait au marchés; Ce danger de mauvaise évaluation des risques peut causer des pertes et par la suite une propagation de perturbation de marchés financiers (Fung et Hsiech 2000).

Cette crise été marquées par une spéculation dangereusement élevée ce qui déclenchait une crise systémique par le fait d'essayer de recouvrir le risque de propagation du défaut de fonds spéculatifs vers le système monétaire et financier, en provoquant une crise de liquidité, voire de solvabilité, parmi les établissements financiers traditionnels, en l'occurrence les banques et une mise en péril du fonctionnement des marchés financiers. Cette propagation est aggravée par le risque systémique engendré par ces fonds (LTCM) qui se propage à travers des canaux de transmission (Cartapanis 2008).

En conséquence, de nombreuses banques centrales ont mis en place des services spécifiquement chargés de la stabilité financière, les rapports sur ce sujet se sont multipliés, et le Forum de stabilité financière a connu un regain d'intérêt.

Ces fonds pouvaient générer des profits importants si les circonstances étaient différentes; Ces fonds n'ont pas pu ajuster leurs positions et ont essayé de s'en sortir de la crise sans perturber le marché, pourtant on ne peut pas s'en passer des risques systémiques engendré par ces fonds (Ferguson et Laster 2007).

2-2 Crise financière internationale:

La crise financière qui s'est déclenchée en 2007 peut être jugée comme une crise systémique. Cette catastrophe financière est condamnées pour la transmission de la contagion systémique à travers le système financier ainsi que la dépréciation des actifs (selon l'IMF 2008des montants considérables au sein des bilans des principaux intermédiaires financiers : les chiffres annoncés n'ont cessé d'augmenter depuis plusieurs mois et les 1.000 milliards de dollars de pertes seront très certainement dépassés).

Au début, il s'agissait d'une crise immobilière en causant une crise de la plupart des marchés de dérivés de subprimes; à cet égard les yeux se sont naturellement tournés vers les hedge funds (Cartapanis et Teïletche, 2008) tout simplement parce que ce sont des acteurs majeurs sur les dérivés de crédits. A. Blundell-Wignall a fait une estimation de la répartition des acheteurs des différentes tranches de CDO (Collateralized Debt Obligations); les résultats de l'estimation ont montré qu'à la crise près de 1.400 milliards de dollars ont été détenues dans des tranches de CDO, d'un total de 2.000 milliards d'actifs sous gestion, les hedge funds se sont donc trouvés au coeur de la crise des subprimes.

Au final, le résultat en 2007 est une perte de plus qu'une vingtaine de milliards et une dizaine de fonds en difficultés, bien sur les pertes sont beaucoup plus importantes que ces chiffres. Toutefois les hedge funds semblent d'être moins pénalisés par la crise des dérivés de crédits hypothécaires américains.; En effet, selon une estimation réalisée par le FMI en 2008 considère que les hedge funds n'ont subi que 22,8% des pertes liées aux subprimes en 2006, contre 53,3% pour les banques.

Selon Cartapanis, en 2008, la crise financière est lerésultat d'un enchaînement de causalités, du fait d'octroi déraisonnable des crédits hypothécaires subprimes en passant à leurs titrisation sans tenir compte que les tranches sont de plus en plus risquées de dérivés de crédit et que les taux d'intérêt américains augmentaient. L'acquisition massive de CDO ou d'ABCP (Asset Backed Commercial Paper) de la part des hedge funds, a évidemment alimenté le risque systémique.

Donc même si les hedge funds ne sont pas à l'origine du déclenchement de la crise financière de 2007-2008, ils se sont trouvés au coeur des interdépendances systémiques qui ont conduit à la chaîne de dévalorisations d'actifs et à la crise d'illiquidité à cause de leurs engagements avec les prime brokers et du leverage associé.

La titrisation des crédits hypothécaires n'a pas pu contribuer à la dispersion efficace des risques initiaux, et ceci n'est que le résultat des notations déraisonnables, du levier qui changeait tout à la fois et le risque associé au subprimes. Il faut aussi tenir compte de la largeur des positions à découvert accumulées par les hedge funds, et par les banques ou les compagnies d'assurance, sur l'ensemble des dérivés de subprimes, bien au-delà du risque spécifique de non-recouvrement d'une part des crédits hypothécaires américains.

Au moitié des années 2000, c'est dans cette période d'euphorie que les crédits subprime se sont fortement développés aux Etats-Unis et les dérivés de crédits se sont multipliés, c'est ainsi que les leviers accordés par les prime brokers, et donc par des banques, ont beaucoup augmenté, sans parler de l'inflation des prix d'actifs (Morgan 2008).

2-3 Impact de l'effet de levier sur les marchés financiers:

L'effet de levier est utilisé par les gestionnaires de hedge funds quand ils pensent que le coût d'emprunts des fonds sera minime par rapport aux rendements de leurs investissements. Cela peut être un point clé de la gestion d'un hedge fund puisque il donne aux gestionnaires la possibilité d'améliorer significativement le rendement (mais aussi une perte potentielle plus).

L'effet de levier adopte des stratégies d'investissement différentes :

- Les stratégies « actions » présentent un profil de risque plus important et ainsi le levier typique est de 1,5 à 2. Cependant, même si les stratégies « actions » sont plus volatiles, un bon équilibre des positions profitables et perdantes dans le portefeuille limitera significativement les impacts d'une forte hausse ou baisse du marché.

- Les stratégies obligataires ont les niveaux de risques plus faibles (mais aussi des rendements espérés plus faibles) de tel sorte qu'il est commun d'avoir un levier de 4 ou 5 fois la valeur des fonds.

En effet, en cas de crise financière majeure, la gamme complexe d'expositions prises par les hedge funds à fort effet de levier et par les banques opératrices peut augmenter le risque de propagation des problèmes d'une institution financière vers d'autres institutions. L'effet de levier introduit un changement dans la taille des positions que prennent les fonds spéculatifs, ce qui pourrait leur accorder un rôle particulier dans les propagations de crises.

Les hedge funds octroient leurs emprunts auprès de banques (prime broker) et ils déposent l'emprunt sur leur compte, Si les hedge funds ne peuvent pas rembourser l'emprunt, l'institution financière créancière peut alors le vendre pour rembourser l'emprunt.

La possibilité d'avoir dans le portefeuille d'investissements des positions courtes (short) c'est-à-dire vendre à découvert des titres que ne possède pas les hedge funds en espérant les acheter ultérieurement par un prix inférieur afin de les rembourser, ce qui permet d'augmenter le potentiel de performance supplémentaire : l'espérance de rentabilité sur le portefeuille hedge funds est plus grand que les mutual funds pour le même niveau de risque (8,1% contre 6,5).

L'endettement est un des principales techniques adopté par les hedge funds permettant de générer de la performance.

Cependant, comme il est coûteux d'emprunter de l'argent directement en s'adressant à une banque, les gestionnaires des hedge funds exercent généralement le levier financier sur leurs investissements en capital en achetant des titres à la marge, c'est-à-dire à crédit. Pour cela, il dépose un dépôt de garantie, sous forme de liquidités ou de titres, chez son prime broker.

Les hedge funds sont des apporteurs de liquidité par le levier d'endettement en période de hausse des marchés et ils propagent le risque systémique en cas de baisse des marchés.

2-4 Répercussions des stratégies:

Un portefeuille de hedge funds est caractérisé par sa diversification ce qui permet de dégager des rendements intéressants, avec un risque inférieur à celui induit par un portefeuille ordinaire et peuvent aussi adopter des stratégies et des positions variées qui leur permet d'obtenir des meilleurs rendements.

Mais ont aussi la possibilité de choisir des stratégies homologues car elles sont caractérisées par la transparence des informations et qu'elles misent en œuvre a un faible coût, mais elle contribue aussi a des risques plus que l'autre ; en effet, un ajustement des positions homologues peut induire une illiquidité du marché et une baisse des prix donc le risque que les hedge funds vont le supporter est un risque de contrepartie. Si un fond vient à faire faillite, il peut alors toucher toutes les institutions financières.

Une meilleure spéculation de liquidité peut constituer un moyen de limiter le risque systémique. Les hedge funds l'améliorent sur les marchés trop étroits et donc sujets aux anomalies de prix. La volatilité des cours peut réduire par le recours aux opérations d'arbitrage afin de corriger les anomalies de prix, leurs stratégies consistent à procéder à des arbitrages. Pour faire simple, ils achètent des titres financiers dont le prix est relativement bas, et vendent des titres financiers équivalents dont le prix est relativement élevé. Ce faisant, ils unifient et stabilisent les marchés, et corrigent les anomalies qu'ils identifient. Capables de prendre de larges positions, ils fournissent aux marchés la liquidité requise pour les stabiliser.

La compétition régnant entre les hedge funds assure qu'ils ne génèrent en général pas durablement une rentabilité anormalement élevée. (Chaigneau 2007). En outre, les hedge funds gèrent de manière flexible l'exposition globale des portefeuilles, surtout en période d'extrême aversion pour le risque, les hedge funds offrent davantage d'opportunités de diversification aux investisseurs ce qui impliquent un marché plus complet et une promotion des innovations financières afin de réagir avec souplesse et rapidité à l'évolution des conditions de marché touts ces éléments sont susceptibles de contribuer la stabilité financière.

Les effets négatifs des hedge funds sue stabilité financiere, on trouve principalement deux grands champs d'investigation. Premièrement, la manière dont ils peuvent être à l'origine de risques systémiques en raison de leurs interactions avec les grandes institutions financières tel que le recours massif à l'emprunt : En effet, leurs stratégies opportunistes à forts effets de levier constituent potentiellement une menace pour la stabilité financière, compte tenu des multiples relations qu'ils entretiennent avec les banques.

Le manque des réglementations en matière d'endettement des fonds leur permet un recours illimité à la vente à découvert.

Le problème des leviers est donc central lorsqu'on aborde la question des hedge funds, car bien que ceux-ci ne représentent encore qu'un faible part du montant des transactions sur les marchés financiers, leur endettement, parfois excessif, peut constituer un risque de faillites à provoquer des crises financières.

Dans un second temps, on soupçonne de leur part une capacité à perturber les marchés financiers, comme des excès de volatilité ou la déformation de prix d'actifs.
Si un investisseur dans un marché de petite ou moyenne taille a mal anticipé l'évolution des prix de hedge funds et il est lourdement endettés cela lui pousse à liquider ses actifs les plus liquide en les vendant à des prix très bas ce qui induit a une forte volatilité sur les marchés financiers.

Ces perturbations soudaines peuvent alors créer des excès de volatilité momentanés de nature à augmenter l'incertitude et conduire à des crises de liquidité. Les leviers ont donc pour principale conséquence de fragiliser les fonds qui deviennent beaucoup plus sensibles aux perturbations du marché. Une simple perturbation peut être amplifiée par les hedge funds pour devenir un véritable choc sur les marchés financiers. (Franck Martin)

Conclusion générale

Ce travail de recherche a tenté d'apporter des réponses nouvelles aux questions liées aux

Hedge funds. Commençons tout d'abord par citer ceci:

« If you think education is expensive, try ignorance » (Derek Bok, ex-president d'Harvard)

On pourrait adapter cette phrase de la façon suivante :

« If you think hedge funds are risky, try stocks ».

Ainsi, notre recherche a montré que les hedge funds constituent un monde complexe, hétérogène, parfois flou, mais que ceux qui s'efforcent de comprendre ce monde peuvent bénéficier d'opportunités très intéressantes. L'introduction de hedge funds dans un portefeuille classique, correctement menée, permet d'optimiser le couple rendement/risque.

Les hedge funds sont, tout d'abord, le résultat d'une amélioration significative des techniques de gestion d'actifs. Ces améliorations sont appelées à durer, quelle que soit l'évolution de l'environnement réglementaire dans la mesure où ces techniques vont de plus en plus s'inscrire dans la gestion traditionnelle d'actifs.

Les hedge funds connaissent une croissance rapide : ils sont passés de 39 milliards de dollars d'actifs gérés en 1990 à 1 400 milliards à la fi n du troisième trimestre 2006et grâce à cette progression rapide et le recourent à l'effet de levier que l'activité des hedge funds ont une incidence considérable sur les marchés financiers.

Les hedge funds présentent des avantages pour les investisseurs et améliorent la répartition des risques et la stabilité des marchés financier, c'est bien souvent que les hedge funds apportent liquidité et stabilité aux marchés financiers, et soutiennent le prix des actifs fortement dévalorisés et globalement, les hedge funds ont plutôt tendance à atténuer le risque systémique.

Ainsi, l'impact de la rentabilité des fonds sur celle du marché a pu être mis en lumière, confirmant l'hypothèse d'arbitragistes sophistiqués capables de donner des impulsions au marché.

Les hedge funds ont de solides perspectives d'avenir, avec une influence et un impact croissants sur les systèmes financiers des marchés . Ils ont permis d'accroître la liquidité du marché et d'en garantir l'efficience, mais il convient de traiter les risques systémiques qu'ils posent au plan de la stabilité des marchés financiers.

S'il semble que les hedge funds fluidifient les marchés, il est vrai que certains d'entre eux font peut être courir un risque systémique sur le système financier international.

Les hedge funds constituent donc un outil qui permet à ceux qui savent gérer efficacement leurs risques de dé corréler leur portefeuille classique tout en améliorant e rendement de celui-ci.

Please be aware that the free essay that you were just reading was not written by us. This essay, and all of the others available to view on the website, were provided to us by students in exchange for services that we offer. This relationship helps our students to get an even better deal while also contributing to the biggest free essay resource in the UK!