De la corruption

Partie conceptuelle

Introduction

La corruption est un phénomène très ancien et en accroissement continu, surtout si les gouvernements ne trouvent pas des solutions efficaces pour le combattre. C'est un fléau mondial touchant particulièrement les pays en développement. On entend de plus en plus parler de corruption dans la presse, toutefois ca ne veut pas dire que les mesures efficaces de lutte contre la corruption sont mise en œuvre. En l'absence de ces mesures efficaces nécessaires, l'instauration d'une bonne gouvernance restera difficile. En effet, ces effets néfastes peuvent mettre en cause la stabilité politique, sociale et économique d'un pays. Dans ce qui suit, on parle de corruption économique sans parler de la morale comme cause possible de cette corruption. En effet, le débat sur les effets de la corruption est fervent. Quelques auteurs comme Leff(1964) et Huntington (1968) ont suggéré que la corruption peut augmenter la croissance économique alors que d'autres auteurs comme Shleifer et Vishny (1991), ont dit que la corruption tend à diminuer la croissance économique. Par contre, on peut dire que la plupart des économistes sont d'accord sur le fait que les institutions gouvernementales efficientes favorisent la croissance économique. Il faut noter aussi que l'accroissement du nombre de pays à régime démocratique et de liberté des médias a fait que le sujet de corruption n'est plus tabou. C'est peut être pourquoi on s'intéresse de plus en plus à ce sujet. Une autre raison peut être les investissements directs del'étranger. On remarque que ces investissements augmentent de plus en plus et qu'ils sont reliés à la croissance économique et au développement d'un pays. Or, dans la plupart des pays corrompus on remarque que les investissements directs de l'étranger sont faibles et qu'ils ont une faible croissance économique. En effet, la corruption réduit l'efficacité des gouvernements et des entreprises et rend le pays instable. C'est pourquoi la mise en œuvre de mesures efficaces et surtout la favorisation de la transparence et de l'intégrité sont nécessaires. En effet, au moment ou les plans de relance tres importants sont mis en œuvre dans le monde entier, il est nécessaire d'étudier la corruption, et de déterminer en quoi cette corruption entrave la bonne gouvernance et la croissance économique. La corruption est un phénomène très ancien considéré par certain comme étant un désastre mondial et par d'autres comme un outil favorisant la croissance. Les causes de ce phénomène et de son expansion sont multiples et ses conséquences sur la croissance économique ne peuvent être négligées, d'où la nécessité d'un encadrement ou dans le cas extrême d'une lutte contre la corruption.

I- La Corruption

1.1) Définition et modèle de base de la corruption

Il est difficile de donner une définition générale de la corruption. En effet, on remarque que la littérature économique est riche d'explications du concept de corruption, et les économistes ne se sont pas entendus sur une seule définition universelle. En général, la corruption est définie comme étant un abus de pouvoir ayant pour objet l'enrichissement personnel ou les gains privés.

On définit la corruption gouvernementale comme étant la vente d'une propriété(licence, permis, passeports, visas) appartenant au gouvernement par celui-ci pour des gains personnels. La corruption est devenue largement répandue dans le monde entier.

Cependant, les études sur la corruption sont encore limitées. La plupart des études après Becker et Stigler(1974), sont basés sur le modèle de corruption du principal-agent. Ce modèle montre la relation entre le principal (le niveau le plus élevé du gouvernement) et l'agent (un fonctionnaire de l'Etat) qui collecte les pots de vin des individus intéressés dans les biens publics. Ces études examinent des façons pour motiver les agents a être honnêtes (salaire efficients, embrigadements etc.)

On considère par la suite un bien simple produit par le gouvernement comme le passeport ou le droit d'utiliser une route. Ce bien est vendu par le fonctionnaire capable de fixer la quantité vendue et interdire l'accès à ce produit. Une des raisons importantes pour laquelle ces permis et régulations existent est pour donner aux fonctionnaires le pouvoir d'interdire l'accès a ces produits et de collecter des pots de vin en contrepartie de ses services. On considère aussi que l'offre de ce bien est sans risque de détection et de sanctions car la plupart du temps leur patron participe a ceci. Le fonctionnaire de l'état est un monopole qui vend le bien et veut maximiser sa collecte de pots de vin. Par la suite on considère aussi que c'est le gouvernement qui paye la totalité des couts de production. Quel est alors le Cm pour le fonctionnaire nécessaire pour produire ce bien? Il existe 2 cas:

-sans vol: Cm=P, le fonctionnaire ne cache pas sa vente et donc donne au gouvernement la totalité du prix reçu et il prend le pot de vin (le prix total étant: PT= P+pot de vin)
-avec vol: Cm=0, le fonctionnaire cache à l'Etat sa vente et donc fixe le prix (pot de vin) à sa guise et ce prix peut même être inferieure au prix officiel de l'Etat.

Dans le premier cas, la corruption augmente le prix du bien alors que dans le second elle est capable de le réduire, c'est pourquoi le deuxième cas est plus attirant pour les acheteurs (avec vol).
Il faut noter que, s'il n'ya pas de discrimination sur les prix: Rm=Cm. Dans le cas sans vol: P+pot de vin > prix officiel, le fonctionnaire de l'Etat limite alors ses ventes au prix officiel et puis collecte les pots de vin pour ramener l'équilibre offre=demande.

De plus, quand le fonctionnaire est pénalisé, ceci affecte le montant des pots de vin qu'il demande. Si l'amende augmente quand les pots de vin augmentent, il diminue ses pots de vin et augmente sa production. Et, si l'amende augmente avec le nombre de personnes qui payent les pots de vin, il diminue la production et augmente les pots de vin.

En ce qui concerne l'organisation industrielle de la corruption, le modèle ci-dessus implique deux choses: un seul bien public suffit à l'acheteur et le fonctionnaire est un monopole qui offre ce bien.
Cependant, il existe quelques limites à ceci. En général, un acheteur a besoin de plusieurs biens publics complémentaires(ex: un importateur a besoin de plusieurs permis pour pouvoir vendre le bien importé). Aussi, les différents agents offrant ces biens complémentaires peuvent soit s'entendre, soit vendre indépendamment soit vendre sur un marché concurrentiel.

Dans quelques pays, il est clair qui recoit les pots de vin (mafia etc.).C'est le modèle de monopole unique.Les pots de vin dont par la suite divisé parmi les bureaucrates qui acceptent mutuellement de ne pas demander davantage. Quand ce pot de vin est payé, l'acheteur sera propriétaire des biens achetés.

Plusieurs cas de monopole corrompu:

Cas 1:(joint monopolist agency) p1 et p2: prix respectifs des 2 biens
x1 et x2: quantités vendues
P=Cm
pot de vin/unité = p1-MC1 ou p2-MC2
L'agence monopoliste commune fixe p: MR1+MR2 (dx1/dx2) = MC1
MR1: revenu marginal du bien 1
MR2: revenu marginal du bien 2
Quand les 2 biens sont complémentaires (ex: permis pour un même projet): dx1/dx2>0
A l'optimum, MR1<MC1. Cette agence garde p2 faible afin d'augmenter DB1 et donc MR1.

Cas 2: (independant agencies) vendeurs de biens publics qui agissent indépendamment.
Chacun d'eux fixe des pots de vin et tous ont pour objectif la maximisation de leur propre revenu.

dx2/dx1 =0
A l'optimum, MR1=MC1. A cause du manque d'infos, les agents indépendants ignorent l'effet de leur pot de vin élevé sur la demande de l'autre bien et donc ils fixent un pot de vin supérieur. Ceci baisse la production et donc est désavantageux pour les 2 agences et pour les acheteurs.
Ce problème est aggravé dans plusieurs pays par la libre entrée d'autres agents qui collectent des pots de vin.

Cas 3: chacun des biens complémentaires est offert au moins par 2 agences gouvernementales. Ceci va diminuer le biveau général des pots de vin à zéro.
Le marché pour chaque bien est concurrentiel. En effet, si un employé fixe un prix > Cm ou si il fixe un pot de vin élevé, un autre offreur va offrir ce même bien à un prix inferieur. D'où le niveau de corruption sera nul.
Dans ce cas le niveau de pots de vin est le plus faible, il est moyen dans le premier cas et élevé dans le second. Mais la somme des revenus collectés est supérieur dans le premier cas car les offreurs maximisent le profit total alors que dans le second chaque offreur maximise son revenu propre. On peut aussi ajouter que la concurrence est le meilleur cas puis vient le «joint monopoly» et puis les monopoles indépendants.
Il faut noter aussi que la libre entrée dans la collecte des pots de vin pèse lourdement sur le développement économique.
Qu'est ce qui détermine l'organisation industrielle des différents marchés corrompus?
1) détection et sanction sévères ou pas
3 façons de détecter:
-machines contrôlant les actions des bureaucrates
-l'écart par rapport au pot de vin normal est facile à détecter quand l'élite qui gouverne n'est pas nombreuse
-société homogène ou pas

2) capacité du cartel à sanctionner ceux qui fixent des pots de vin élevés.

La perspective de l'organisation industrielle suggère que la meilleure façon de réduire la corruption sans vol est d'avoir une compétition entre les bureaucrates au niveau de l'offre des biens publics (pots de vin tend vers zéro). Dans le cas de concurrence avec vol, la pression concurrentielle peut hausser les vols et en même temps baisser les pots de vin.La solution optimale est donc d'avoir une compétition avec un contrôle des vols.

1.2) Mesure de la corruption:

Indices de Mauro:

Même si la plupart des économistes sont d'accord sur le fait que les institutions gouvernementales efficientes favorisent la croissance économique, l'ampleur de ces effets n'a pas encore été mesurée. Pour pouvoir la mesurer, le BI (business international) donne des indices sur la corruption, la paperasserie et l'efficience du système juridique pour la période 1980-1983. Ces indices sont basés sur des questionnaires remplis par les correspondants de BI dans 70 pays. Le but de cet article est d'identifier les canaux à travers lesquels la corruption et d'autres facteurs institutionnels affectent la croissance économique et de quantifier l'ampleur de ces effets. C'est en effet, la première analyse empirique qui relie les indicateurs de l'honnêteté bureaucratique et l'efficience à la croissance économique.
Afin de mesurer combien les institutions gouvernementales affectent la croissance économique, il faut noter que les institutions et les variables économiques évoluent simultanément. Les institutions affectent la performance économique et les variables économiques peuvent affecter les institutions. Afin d'aborder la question de l'endogeneité, Mauro utilise un indice de fractionnement ethnolinguistique comme instrument. Il mesure la probabilité que 2 personnes tirées au hasard de la population d'un pays n'appartiendront pas au même groupe ethnolinguistique. Le fractionnement ethnolinguistique est fortement corrélé à la corruption et à d'autres variables institutionnelles. Pourtant, il peut être supposé comme exogène à la fois à des variables économiques et à l'efficacité institutionnelle.
Pour Mauro, la corruption diminue l'investissement privé, réduisant ainsi la croissance économique, même dans les sous-échantillons de pays ou les règlements bureaucratiques sont très lourds. La relation négative entre la corruption, l'investissement et la croissance est significative, dans les 2 sens, statistiques et économiques. (Si un pays améliore l'intégrité et l'efficacité de sa bureaucratie, son taux d'investissement, ainsi que son PIB augmentent).

-Indices des affaires internationales de la corruption et l'efficacité institutionnelle
Les indices de la corruption et d'autres variables institutionnelles sont tirés du BI. Ce dernier est maintenant intégré à l'EIU (The Economist Intelligence Unit). BI est une firme privée qui vend généralement ces indices aux banques, aux compagnies multinationales et à d'autres investisseurs internationales. BI a en effet publié des indices sur 56 facteurs du «risque-pays» dans 68 pays pour la période 1980-1983 et sur 30 facteurs du «risque-pays» dans 57 pays pour la période 1971-1979. Les rapports d'évaluation des facteurs sont remplis par le réseau de correspondants et d'analystes de BI qui se trouve dans les pays couverts par celle-ci. Les rapports d'évaluation subissent plusieurs contrôles et vérification dans les pays afin d'assurer l'exactitude et la cohérence des résultats. Les indices reflètent les perspectives des analystes sur les risques et les facteurs d'efficacité, et peuvent représenter l'évaluation des investisseurs de la situation dans le pays en question. Le prix que les clients de BI sont prêts à payer pour obtenir les indices sont une preuve de leur pertinence et de leur exactitude.
Par la suite, l'analyse de Mauro se limite à 9 indicateurs de l'efficience institutionnelle, ces indicateurs sont choisis car:
- ils sont évalués indépendamment des variables économiques
- ils se réfèrent à l'intérêt de n'importe quelle firme opérant dans le pays en question et non spécifiquement aux compagnies multinationales appartenant à l'étranger

L'intervalle des indices varient entre 0 et 10, et un indice élevé veut dire que le pays en question à de bonnes institutions.

Les définitions de ces indices sont:

1) changement politique-institutionnel: possibilité que le cadre institutionnel sera changé dans la période de prévision d'élections ou d'autres moyens.
2) la stabilité politique-sociale: conduite de l'activité politique, organisé et individuelle et le degré auquel le processus politique tend à se désintégrer ou devenir violent
3) probabilité de reprise du groupe d'opposition: probabilité que l'opposition viendra au pouvoir au cours de la période de prévision
4) la stabilité du travail: degré pour lequel le travail représente des perturbations dans la fabrication et d'autres activités commerciales.
5) relations avec les pays voisins: cela inclut les relations politiques, économiques et commerciales avec les voisins qui peuvent affecter les entreprises en faisant des affaires dans le pays.
6) le terrorisme: le degré auquel les individus et les entreprises sont soumis à des actes de terrorisme.
7) système légal, judiciaire: l'efficacité et l'intégrité de l'environnement juridique, car il affecte les entreprises, notamment les entreprises étrangères.
8) la bureaucratie et la paperasserie: l'environnement réglementaire auquel les entreprises étrangères doivent faire face pour obtenir les approbations et permis. La mesure dans laquelle il représente un obstacle aux affaires.
9) la corruption: la mesure dans laquelle les transactions commerciales impliquent de la corruption ou des paiements douteux

Les correspondants de BI attribuent une «note» pour les pays couverts, qui obéit à des critères généraux énoncés dans les questionnaires qu'ils remplissent.

Tous les indices de BI sont positivement et significativement corrélés.
La corruption est en effet plus répandue dans les pays où la bureaucratie ralentit les procédures bureaucratiques. De plus, le rapport du comité Santhanam dit que la corruption peut conduire à davantage de lenteurs bureaucratiques. En fait, lorsque des individus offrent "l'argent rapide"(qui accélère les transactions) aux fonctionnaires, ils contribuent à établir une habitude, de sorte que l'octroi d'une licence par exemple sera artificiellement retardé jusqu'à ce qu'un pot de vin soit reçu.

Les pratiques de corruption, telle que l'argent accélérant les transactions peut donc augmenter la paperasserie pour l'économie dans son ensemble. Le fait que toutes les catégories de risque-pays ont tendance à évoluer ensemble est un résultat intéressant. En même temps, cette multi colinéarité rend difficile de dire lequel des divers facteurs institutionnels examinés est crucial pour l'investissement et la croissance. En conséquence, il peut être souhaitable de combiner des groupes de variables dans des indices composites.

Il faut noter qu'il semble que le système judiciaire, les formalités administratives, et les indices de corruption constituent des variables étroitement liées et que leur moyenne simple peut être un substitut raisonnable pour ce que «Mauro» nomme efficacité bureaucratique.

Une des raisons pour agréger les indices dans les sous-indices composites est qu'il peut y avoir erreur de mesure de chacun des indices individuellement, et la moyenne des indices individuels peut donner une meilleure estimation des déterminants de l'investissement et de la croissance. En effet, Mauro considère l'indice d'efficacité bureaucratique comme étant une mesure plus précise de la corruption que l'indice de corruption seul. De même, la moyenne simple des indices: changement institutionnel, changement social, (3), (4), (5), (6) est un bon indicateur de stabilité politique. Les indices que Mauro choisis en plus d'être étroitement liés sont aussi plus corrélés entre eux. Dans certaines estimations Mauro regroupe l'ensemble des neuf indices dans un indice moyen de l'efficacité institutionnelle, incluant l'efficacité bureaucratique et la stabilité politique.

-L'indice de fractionnement ethnolinguistique et d'autres variables:

L'indice de fractionnement ethnolinguistique (ELF) est calculé par Taylor et Hudson (1972). Il mesure la probabilité que deux individus tirés au hasard de la population d'un pays n'appartiennent pas au même groupe ethnolinguistique. Plus l'ELF est élevé plus le pays est fragmenté.

Ce facteur est considéré par Mauro comme étant exogène et n'ayant pas une relation avec les variables économiques. Toutefois, il a des effets sur l'efficacité institutionnelle. Il existe une corrélation forte et négative entre l'efficacité institutionnelle et l'ELF qui fait que ce dernier est un bon instrument. Plusieurs mécanismes expliquent cette relation. En effet, les conflits ethniques peuvent mener à une instabilité politique et dans des cas extrêmes à une guerre civile. De même, l'existence de plusieurs et différents groupes ethnolinguistiques aggravent la corruption car, les bureaucrates tendent à préférer les membres de leur même groupe.

D'après Shleifer and Vishny, les sociétés homogènes sont susceptibles de tendre vers un type de corruption moins nuisible (ils maximisent les pots de vin communs) que celui des pots de vin non collusifs. Strictement parlant, l'indice ELF est un instrument valable que pour l'indice d'efficacité institutionnelle, le fractionnement touchant à la fois la corruption et l'instabilité politique.

Mauro a également compilé un ensemble de données sur l'histoire coloniale des 118 pays de l'ensemble de données de Barro (1991). Cet ensemble comprend la date de l'indépendance et le dernier colonisateur. L'histoire coloniale d'un pays peut affecter sa capacité à former un gouvernement stable, ainsi que l'honnêteté et l'efficacité de sa bureaucratie. Cependant, l'histoire coloniale d'un pays peut être supposé exogène, et il n'avoir aucun effet direct sur le taux d'investissement.

Il faut noter que les pays dont les performances économiques sont médiocres ont tendance à être militairement faibles et sont donc plus susceptibles d'être colonisés. De plus, lors de l'élaboration des frontières de certains pays, les colonisateurs ignorent souvent la composition ethnolinguistique de la population. C'est pourquoi on soupçonne que quelques facteurs non mesurables affectant les variables économiques, affectent non seulement l'histoire coloniale d'un pays mais aussi le fractionnement ethnolinguistique.

Autres instruments de mesure de la corruption:

Pour évaluer les niveaux de la corruption, «Transparancy International» (TI) s'est basée sur des enquêtes d'opinions. En effet, elle a utilisé trois indices principaux:
-Indice de perception de la corruption (IPC): c'est un indice composite qui mesure le degré de corruption perçu comme existant dans les administrations publiques et la classe politique. C'est un sondage de sondages, faisant appel à des données sur la corruption tirées de sondages d'experts réalisés par divers organismes indépendants. Il reflète des points de vue du monde entier, dont celui des experts qui résident dans les pays évalués. L'IPC de TI concentre son attention sur la corruption dans le secteur public et définit la corruption comme l'abus d'une charge publique à des fins d'enrichissement personnel. Les sondages utilisés pour établir l'IPC posent des questions en rapport avec l'abus d'un pouvoir officiel dans un intérêt personnel (par exemple, la corruption d'agents publics, les pots-de-vin dans le cadre de marchés publics, le détournement des fonds publics) ou des questions qui sondent la fermeté des politiques de lutte contre la corruption, incluant de ce fait la corruption administrative et la corruption politique.

Il varie dans un intervalle de 0 à 10 (plus il est faible plus le pays est corrompu).Cependant, il a quelques limites; il n'est pas un instrument de diagnostic, il ne permet l'analyse des causes, ni leurs conséquences et leur dynamique.

-Baromètre global de la corruption: il nous informe sur la crédibilité des efforts en matière de lutte contre la corruption. C'est une enquête de l'opinion publique. Ce baromètre mondialde la corruption de TI est un sondage réalisé auprès du grand public pour évaluer ses perceptions et expériences de la corruption. Les questions peuvent être par exemple: quels sont les secteurs publics les plus corrompus? Quelle sera l'évolution prochaine de la corruption? Que pensez-vous de l'action de votre gouvernement? Ce baromètre exprime aussi les expériences que les citoyens ont de la corruption, en donnant des informations sur la fréquence des pots-de-vin qu'on leur demande de payer lorsqu'ils entrent en contact avec différents prestataires de services publics.

-L'indice de perception des pays exportateurs (ICPE): il est le résultat d'une enquête effectuée auprès des cadres dirigeants des pays interrogés. Il classe les principaux pays exportateurs (22 pays en 2008, soit 75% des exportations mondiales et des investissements directs étrangers ) en fonction de la propension de leurs entreprises à verser des pots-de-vin à l'étranger. Cet indice comprend également une composante sectorielle afin d'évaluer le niveau de corruption selon les secteurs.

1.3) Typologie de la corruption:

En ce qui concerne la typologie de la corruption, elle peut habituellement être classée suivant trois typologies:
-Distinction entre la corruption active et la corruption passive (cette distinction est faite par rapport au rôle des acteurs de la corruption).

-Distinction entre la grande corruption et la petite corruption.

-Distinction entre la corruption législative et la corruption administrative.

Corruption active et corruption passive:

La corruption passive est le fait de réclamer ou d'exiger, directement ou indirectement, des offres, des dons, des présents ou des avantages quelconques afin de réaliser ou d'empêcher la réalisation d'un acte relevant directement de sa fonction, de sa mission ou de son mandat ou un acte illicite par sa fonction, sa mission ou son mandat.

Cependant, la corruption active est le fait de proposer, à tout moment, directement ou indirectement, des offres, des promesses, des dons, des présents ou des avantages quelconques afin d'obtenir d'une personne en charge d'une fonction, d'un mandat ou d'une mission, qu'elle accomplisse ou s'abstienne d'accomplir un acte de sa fonction, de sa mission ou de son mandat ou facilité par sa fonction, sa mission ou son mandat.

Petite corruption et grande corruption:

Quand a la deuxième typologie, elle différencie la grande corruption de la petite corruption.
En effet, Kaufmann souligne aussi cette distinction. Selon lui la petite concerne les relations entre citoyens et administration et la grande, les relations entre les entreprises et l'Etat. La corruption est dite petite lorsqu'elle concerne les petits fonctionnaires qui n'ont aucun pouvoir de décision. Elle a souvent pour support les petits pots-de-vin. De plus, elle est surtout commune dans les pays en développement et elle est liée à la pauvreté, et ala mauvaise répartition des richesses et des revenus.
D'autre part, la seconde se manifeste dans les pays développés et les pays en développement. La grande corruption se situe à des échelons nationaux ou internationaux, autant dans les sphères du secteur public que dans celles des organisations de la société civile ou du secteur privé. En effet, la corruption est souvent caractérisée de grande, parce qu'elle est manipulée par les décideurs (cadres moyens, cadres supérieurs, élites au pouvoir), ayant pour fonction la gestion ou la creation des règles et des procédures du système de gouvernance.

Il est clair que ces deux formes de corruption sont de nature différente, la seconde mettant en jeu des groupes d'intérêt puissants, des lobbies capables d'exercer sur l'administration et l'Etat une pression et un pouvoir qui n'ont rien de comparable avec l'action de simples citoyens. Toutefois, il faut noter qu'il ne faut pas généraliser et banaliser la première parce que ceci peut avoir des conséquences très graves, comme la baisse de la confiance dans les institutions et leur crédibilité.

Cependant, il n'y a pas de délimitations claires entre la grande et la petite corruption. Il existe de multiples combinaisons possibles. Ainsi, certains actes de corruption sont entre la grande et la petite corruption. Il peut arriver que la petite corruption soit à la base de la grande. En effet, l'accumulation d'actes de corruption donne naissance à une corruption à un niveau élevé.

Les deux types de corruption s'auto-entretenant, on peut dire que la corruption devient systémique.

Corruption législative et corruption administrative:

La corruption est dite législative si les politiciens trahissent leurs électeurs en vendant leurs voix à des groupes de pression. Par contre, elle est dite administrative, quand les fonctionnaires permettent en échange de pots-de-vin, à un particulier, d'obtenir un marché ou d'assurer son immunité. On peut conclure que la corruption est un dysfonctionnement des règles de base de l'éthique qui peut relever du secteur public, du secteur privé ou de la société civile, et ceci tant à un niveau national qu'international.

II- Expansion de la corruption

2.1) Causes de la corruption:

D'après Paolo Mauro (1997), qui d'après lui la corruption est liée au degré d'intervention de l'Etat, les causes de la corruption sont:
-restrictions commerciales: si par exemple l'importation d'un certain bien est soumis à des restrictions (ex: nombre d'automobiles importés), les importateurs voulant obtenir des licences vont essayer de soudoyer les fonctionnaires contrôlant les licences. De plus la protection d'une industrie locale contre la concurrence étrangère crée un semi-monopole pour l'industrie locale. Les fabriquant locaux voulant maintenir leur position de monopole, vont exercer des pressions sur les politiciens pour maintenir des restrictions commerciales élevées. Des études ont en effet montré qu'une économie très ouverte tend à avoir moins de corruption qu'une économie fermée. En d'autres termes ceci veut dire, que les pays sont moins corrompus quand leur commerce est libre des restrictions gouvernementales qui peuvent être abusés par les fonctionnaires corrompus.
-subventions gouvernementales: ces subventions peuvent aussi etre considérées comme une source de rente. Des études ont montré que, plus les subventions qui sont attribué à des firmes pour lesquelles elles ne sont pas destinées sont nombreuses, plus l'indice de corruption est élevé.
- le contrôle des prix: il est aussi considéré comme une source de rentre et favorise aussi le comportement de recherche de rente. Le but de ce contrôle est d'abaisser le prix d'un bien au dessous de sa valeur de marché ou du prix de marché. En effet, le contrôle des prix crée des incitations pour les individus ou les groupes d'individus à soudoyer les fonctionnaires pour par exemple acquérir une part inéquitable à ce prix inférieur au prix du marché.
-la pratique de multiples taux de change et l'échange d'allocations étrangères: elles peuvent aussi mener à des rentes. Certains pays ont par exemple plusieurs taux de change (un pour les importateurs, un pour les touristes, un pour les investisseurs). Cette différence de taux de change ou cet écart peut mener à des tentatives d'obtention du taux le plus avantageux, même si ceci ne s'applique pas à l'utilisation prévue de ces taux.
-les salaires dans le secteur public qui sont relativement bas par rapport aux salaires dans les secteurs privés sont aussi une source de corruption. Quand le salaire des fonctionnaires publiques est très bas, ces derniers peuvent devenir obligés d'utiliser leur position pour collecter des pots de vin surtout quand le cout d'être attrapé est faible.

D'autre part, Mauro(1997) a donné deux autres causes de la corruption:

-dotations en ressources naturelles (pétrole, or): ces dotations constituent un exemple classique de source de rente puisque leur vente peut se faire à un prix largement supérieur au cout de leur extraction, et leur vente est généralement soumise à des réglementations gouvernementales, et donc les fonctionnaires corrompus peuvent «fermer les yeux». D'où, les pays riches en ressources sont plus susceptibles d'être soumise à des comportements de recherche de rente que les pays à faibles ressources.
-les facteurs sociologiques qui peuvent aussi contribuer à des comportements de recherche de rente. L'ELF (indice de fractionnement ethnolinguistique) est en effet positivement corrélé avec la corruption. Aussi, les agents publics ont tendance à faire des faveurs pour leurs proches dans les sociétés ou les liens familiaux sont forts.

De plus, les causes générales de la corruption, d'origines internes et externes augmentent. Il existe trois principales causes internes fréquemment rappelées par les observateurs du phénomène. Elles ne constitueraient, pour certains, qu'une extension, voire une perversion des pratiques sociales. Pour d'autres, c'est l'absence de l'État de droit. Enfin, et pour ce qui est de l'Administration publique en particulier et du secteur public en général, la corruption serait la révélation d'un grave dysfonctionnement du système administratif.

L'extension et la perversion des pratiques sociales:

Dans les valeurs traditionnelles africaines caractérisées par un sentiment de domination du groupe sur l'individu, recourir au pouvoir dont on dispose pour favoriser un membre du groupe, est tout à fait approuvé.

Au contraire, ne pas y recourir peut se traduire par une exclusion sociale

ou une marginalisation de l'individu.Certains responsables publics se réfugient derrière ces réalités sociologiques pour utiliser les pouvoirs qui leur sont conférés à des fins particulières. Les recrutements consistant à favoriser l'emploi des membres de son groupe dans l'administration ou l'entreprise publique mise sous son autorité, appelé népotisme, constituent un exemple illustratif.

Absence ou faiblesse de l'État de droit:

Dans les pays en développement, on remarque en général une succession de régimes politiques naturels, dans lesquels l'horizon temporel des responsables politiques, détenteurs du pouvoir, est incertain. La probabilité alors de perdre son poste par un coup d'État par exemple est assez élevée; ce qui accroît la probabilite de realiser des gains rapides et de maniere illicite.

Le sentiment d'insécurité personnel:

La faiblesse des salaires des agents de l'administration publique et/ou l'absence

de politique de protections sociales sont aussi des incitations possibles à la corruption, parce qu'elles créent une instabilité des conditions de vie des fonctionnaires de l'administration publique. En d'autre terme, les intentions à se laisser corrompre ou à corrompre sont grandes dans les administrations des pays en développement.

La faiblesse de l'administration:

La faiblesse de l'administration et son incapacite d'assurer un contrôle efficace des actes de ses agents, mènent souvent a la corruption. Ainsi, la réglementation administrative peut donner plusieurs chances et opportunites aux agents de se faire corrompre. De plus, les occasions de se faire corrompre sont également assez abondantes dans les économies où les rentes de monopole sont élevés.

La corruption trouve également ses origines dans des causes externes, notamment dans les transactions des États avec les firmes multinationales. En effet, l'acquisition des biens et services ne se realise pas sur la base de la compétitivité du prix mais sur celle de la compétitivité du pot-de-vin. Elle met en relation les décideurs des pays en développement et les firmes multinationales ou les entreprises des pays développés.

Des observateurs du phénomène tels que Transparency International (TI) , affirment que c'est la compétitivité internationale et la mise en œuvre des projets de développement qui nourrissent la corruption dans les pays en développement et qui conduisent à l'inefficacité de l'Aide Publique au Développement (APD) à lutter contre la pauvreté. Et comme on a déjà dit que la corruption au sommet provoque une imitation à la base, il se produit un effet de boule de neige. La corruption interne se nourrit donc de la corruption internationale.

2.2) Conséquences de la corruption:

La corruption a beaucoup de conséquences négatives, une d'eux est qu'elle ralentit la croissance économique à travers de nombreux canaux.
- baisse de l'investissement et ralentissement de la croissance économique: en présence de la corruption, les hommes d'affaires savent souvent qu'un pot de vin initial est nécessaire avant qu'une entreprise ne peut être créée et que les fonctionnaires corrompus peuvent ensuite clamer une partie du produit de l'investissement. Les hommes d'affaires interprètent donc la corruption comme étant un impôt ayant un caractère particulièrement nuisible, compte tenu du caractère secret de la corruption et de l'incertitude que le collecteur du pot de vin va accomplir ou réaliser sa part du contrat, qui diminue leurs incitations à investir. Des données empiriques montrent que la corruption réduit l'investissement et ralentit la croissance économique dans une mesure significative.
-mal répartition des talents: lorsque la recherche de rente s'avère plus rentable que le travail productif, les talents seront mal répartis. Les incitations financières pouvant attirer les plus talentueux et les plus instruits à s'engager dans la recherche de rente plutôt que dans un travail productif. Ceci aura des conséquences négatives pour les taux de croissance du pays.
-baisse de l'efficacité des aides: surtout pour les pays en développement, il faut noter qu'il ya une possibilité que la corruption réduise l'efficacité des flux d'aide par le détournement de fonds. Les aides, étant corruptible, peuvent en fin de compte aider à soutenir des dépenses improductives et à gaspiller les dépenses publiques. Peut-être en conséquence, de nombreux pays donateurs se concentrent de plus en plus sur les questions de bonne gouvernance, et dans les cas où la gouvernance est jugée particulièrement pauvre, certains pays donateurs ont réduit leur aide.
-perte des recettes fiscales: aussi, quand elle prend la forme d'évasion fiscale ou de demande d'exemption fiscale abusive, la corruption peut provoquer une perte de recettes fiscales.
- conséquences budgétaires adverses: en réduisant la collecte des impôts ou en relevant le niveau des dépenses publiques, la corruption peut conduire à des conséquences budgétaires négatives. Elle est capable également de causer des problèmes monétaires, lorsqu'elle prend la forme de prêts abusifs par les institutions financières publiques à un taux de change inférieur à celui du marché.
-qualité de l'infrastructure et des services publics: l'allocation de contrats de marchés publics grâce à un système corrompu peut entraîner à une baisse de qualité des infrastructures et des services publics.
-décomposition des dépenses publiques: la corruption peut fausser la composition des dépenses publiques. La corruption peut en effet tenter les fonctionnaires du gouvernement à choisir les dépenses gouvernementales sur la base des dépenses qui leur permettent de collecter les pots-de-vin au lieu d'utiliser les dépenses en se basant sur le bien-être public. Les grands projets dont la valeur exacte est difficile à contrôler peuvent présentent des opportunités lucratives pour la corruption. A priori, il est plus facile de recueillir des pots de vin consistant sur les grands projets d'infrastructure ou sur les systèmes de défense de haute technologie, plutôt que sur les manuels scolaires ou les salaires des enseignants.

2.3) Lutte contre la corruption:

Le combat contre la corruption n'est pas l'objet des pays industrialisés. Sur les 134 pays qui ont participé à la IXè Conférence internationale sur la lutte contre la corruption organisée par Transparency International à Durban en octobre dernier, plus d'une centaine de pays en développement étaient représentés. Ces derniers sont de plus en plus nombreux à exprimer leur volonté de lutter contre ce problème. Dans la plupart des pays en développement, la corruption est banalisée: la population et les entrepreneurs qui vivent avec, la considère comme partie intégrante de leur culture. Non seulement les décisions publiques et les règles officielles (l'attribution d'un marché public ou le montant des taxes à payer) se négocient, mais bien souvent et surtout l'accès à un service public ou l'exercice d'un droit, comme l'obtention d'une pièce d'état civil, se monnayent également. Plusieurs mécanismes contribuent à diffuser et à banaliser les pratiques de corruption dans ces pays. Les fonctionnaires qui refusent de jouer le jeu sont écartés des postes importants et les entrepreneurs qui s'y opposent se trouvent pénalisés par rapport à leurs concurrents. De plus, au fil des ans, il s'est formé une représentation de l'État où l'accès à la fonction publique, loin de signifier le service des droits des citoyens en écho à leurs devoirs, est d'abord perçu comme le moyen le moins risqué pour s'enrichir rapidement; ce qui favorise à inserer dans les mentalités le fait que la corruption soit «naturelle».

L'analyse institutionnelle de la corruption fournit des indications sur les remèdes à apporter. Une plus grande transparence, l'obligation de rendre des comptes, l'amélioration de la gestion des ressources humaines dans l'administration publique basée sur un système méritocratique sont autant de principes d'action qui, mis en œuvre, permettent son contrôle. La simplification et la rationalisation de l'intervention de l'État dans l'activité économique vont aussi de toute évidence réduire les opportunités de corruption. Une étude réalisée au niveau de l'administration des douanes au Sénégal, à l'aide de tests économétriques, a mis en évidence que la baisse des taxes douanières, la simplification de leur structure, l' application de réformes réduisant les pouvoirs discrétionnaires des agents douaniers et l'informatisation des procédures ont permis à la fraude de reculer de 85% entre 1990 et 1995. Or identifier les chemins d'action à suivre n'est qu'une petite partie du parcours. La vrai et principale difficulté reste la mise en œuvre de ces principes d'action. Il existe généralement deux types d'obstacles. Le premier est d'ordre économique. Si la condition de sous-développement ne rend pas la corruption un phénomène inévitable, les moyens dont disposent ces pays ne sont pas les mêmes que ceux des pays plus avancés. Il est difficile alors de généraliser la stratégie mise en œuvre à Hong Kong par exemple, qui repose sur une force d'investigation et de contrôle généreusement dotée en moyens humains et matériels. La baisse de la corruption doit s'appuyer sur le processus de développement même et les actions anti-corruption doivent s'inscrire dans un cadre plus large de politiques visant à améliorer l'efficacité du secteur public, la gestion des ressources budgétaires et de l'aide. Le deuxième obstacle est d'ordre politique, puisque toute réforme va s'opposer aux intérêts des bénéficiaires de la corruption. Les dirigeants politiques mêmes ont pu passer par le chemin de la corruption pour accéder à leurs positions; ils peuvent également craindre qu'une lutte contre la corruption déstabilise l'équilibre politique.De plus, les associations issues de la société civile et les médias peuvent contribuer à l'émergence d'une volonté politique en dénonçant la corruption, en faisant pression sur le gouvernement et en contrôlant ses actions. Mais les véritables obstacles à la lutte contre la corruption sont les intérêts des dirigeants et le renoncement et l'ignorance des victimes, souvent maintenus par une culture de la peur. Or, il est important au début de se procurer des informations pour pouvoir agir en deuxième lieu. Il est donc décisif de mener des travaux de recherche précisant l'incidence de la corruption, son organisation et ses déterminants, afin de provoquer et de guider à la fois l'action de la société civile et celle des agences d'aide. D'autres facteurs qui peuvent aussi etre considerer comme aide a remedier contre la corruption est le secteur prive et les organisations internationales et regionales. Il est en effet, dans l'intérêt d'une partie au moins du secteur privé d'opérer dans un environnement structuré où l'État à travers des institutions fortes, réglemente et arbitre le jeu de la concurrence. Les organisations internationales et régionales ont aussi un rôle politique important à jouer dans la mesure où elles peuvent servir d'intermediaire aux demandes exprimées par les sociétés civiles et permettre aux hommes politiques d'insérer des programmes de réformes difficiles dans un cadre de contraintes extérieures. Enfin, plus que par des actions ponctuelles contre la corruption, ou par un soutien à une agence spécialisée, les agences d'aide bilatérales peuvent participer à la lutte contre la corruption dans les pays en développement a travers des programmes de renforcement des capacités institutionnelles, mais aussi en appliquant systématiquement les principes recommandés de transparence et d'efficacité dans la gestion des projets soutenus.

Il est alors clair que le problème de la corruption dans les pays en développements ne pourrait pas se résoudre par la simple transposition des infrastructures anti-corruption qui fonctionnent dans les pays de l'OCDE. Les expériences de ces pays en termes de textes de lois, de code des marchés publics, de procédures de contrôle, par exemple, sont certes précieuses mais se résument finalement à un élément technique dans un processus de transformation beaucoup plus complexe. La réduction de la corruption permet le développement économique mais doit aussi s'appuyer sur ce développement même. Il appartient donc à chaque pays de définir en fonction de sa trajectoire historique, sa stratégie propre qui permettra d'amorcer un cercle vertueux favorisant développement et amélioration de la gouvernance.

En effet, les pots de vin, les cartels et autres pratiques corrompus affaiblissent la concurrence et provoquent une baisse massive des ressources destinées au développement dans tout les pays, particulièrement dans les pays les plus pauvres. C'est pourquoi le G20 a pris des engagements pour que l'intégrité et la transparence constituent la base de la nouvelle règlementation. Alors qu'il s'attaque qu secteur financier et entreprend des réformes économiques, il est nécessaire qu'il prenne la mesure de la menace que représente la corruption pour un développement économique durable. Par ailleurs, le G20 doit continuer à rechercher l'appui du public à ses réformes en s'assurant que les institutions et les décisions relatives aux investissements et aux infrastructures soient transparentes. En effet, des institutions de contrôle et des réglementations plus efficaces permettront d'atteindre des niveaux plus faibles de corruption. Il y'aura alors par conséquence, un accroissement de la confiance envers les institutions publiques, une croissance économique plus soutenue et une aide au développement durable plus efficace. Surtout, l'échelle élevée des souffrances humaines de l'IPC (indice de perception de la corruption)dont les pays moins performants souffrent sera considérablement réduit.

Conclusion

La corruption ne peut être considéré comme un phénomène occasionnel et négligeable car notre société est infiltrée par elle. Les pratiques corrompues sont de plus en plus nombreuses et touchent tout les pays du monde. La corruption entrave le bon fonctionnement de l'économie en affectant négativement l'efficacité des institutions et les investissements, et ceci affectent par la suite la croissance économique et empêche le développement durable des pays. Il est nécessaire de s'intéresser de plus en plus à la corruption pour pouvoir lui mettre fin. Les mesures de la corruption sont nombreuses mais peu efficaces à cause du caractère secret de la corruption. De plus, comme on l'a déjà exposé, les causes de la corruption sont multiples que ce soit des causes exogènes ou internes ou des causes liés à la forte intervention de l'Etat comme les restrictions commerciales ou les subventions. En effet, on peut dire que la pauvreté, les bas salaires sont aussi une cause, car les conditions de vie déplorable incitent les individus à rechercher des rentes supérieurs que ce soit par la collecte de pots de vin ou par d'autres pratiques corrompus. C'est pourquoi on remarque que les pays les plus pauvres sont très corrompus. Aussi, les conséquences de la corruption sont multiples. En effet, elle affecte les investissements à travers plusieurs canaux. La lutte contre la corruption est nécessaire surtout pour les pays en développement qui s'intéresse de plus en plus à ce phénomène. Il faut alors empêcher la banalisation de ce phénomène dans les pays ou la corruption est devenue un mode de vie.

Bibliographie

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-LEMENNICIER, Bertrand, «Faut-il encourager la corruption des hommes politiques? La réponse est positive si nous définissons correctement le concept de corruption». Disponible sur: http://lemennicier.bwm-mediasoft.com/displayArticle.php?articleId=165

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-«L'indice de perception de la corruption 2009 indique que la corruption risque de menacer la reprise économique monidale» Disponible sur: http://www.transparence-france.org/e_upload/div/ipc_2009_communique_ti.pdf

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